Ethical and Deontological Think Tank (EDTT))

The ethical and deontological think tank (EDTT) was created at the General Assembly of the Swiss Ethnological Society (SES) in 2008. Its first work has been to consider the desirability of a proper ethical code for the SES. However, the EDTT assumes that the ethical question is closely related to the research process and thus opted rather for an ethical stand. This stand was accepted during the General assembly of the SES, on June 5th the same year. Wishing to extend the debate, the EDTT decided to continue its activities. It opened a call for papers in the aim of publishing case discussions on the SES website. Based on focused research examples, these case discussions should on the one hand present the ethical issues faced by researchers at various «moments» of the research, and on the other hand contribute to the reflection on what led the researchers to choose a particular solution. By publishing these case discussions, the intention of the EDTT does not consist in setting up itself as a «controller» or a «guarantor» of any ethics of anthropology. It is rather to document, in an educational and reflexive way, the place of ethics in the various "moments" of the research process and to show how ethics can be concretely integrated into the reality of fieldwork.

EDTT Members

  • Marc-Antoine Berthod
  • Sylvain Besençon 
  • Nolwenn Bühler 
  • Jérémie Forney 
  • Paola Juan 
  • Anne Lavanchy 
  • Julie Perrin 
  • Wiebke Wiesigel (coordination)

Former members

  • Juliane Neuhaus 
  • Laurence Ossipow 
  • Sabine Kradolfer 
  • Yannis Papadaniel 
  • Andreas von Känel

Discussion of case studies in ethnological research

Le rôle politique des chercheur·e·s en sciences sociales 

Par Maryvonne Charmillot, Université de Genève

[Mots-clés]
Citoyenneté, responsabilité, lien social, posture épistémologique.

[Résumé]
En 2013, Geneviève Petitpierre et ses collègues ouvraient la discussion au sujet de la nécessité de négocier les principes éthiques énoncés dans les chartes universitaires, notamment lors de recherche avec des personnes présentant une déficience intellectuelle. Suivant la posture construite par Florence Piron, qui consiste à penser la recherche en sciences sociales à partir d’une responsabilité politique pour autrui, la présente discussion élargit l’analyse en soulignant l’importance d’expliciter les conceptions de la citoyenneté présentes dans la recherche en sciences sociales, à savoir une citoyenneté individualisée à laquelle correspond une éthique standardisée, et une citoyenneté collective, orientée vers la construction du bien commun et relative à une posture éthique responsabilisante. L’auteure invite ainsi à dépasser l’éthique officielle, en questionnant les conceptions du monde social ou du vivre-ensemble qui se dégagent des options épistémologiques et méthodologiques adoptées.

[En réponse à Petitpierre et al. 2013: Aller au-delà de l’alibi.]

Bifurcations biographiques entre conviction et responsabilité

Par Annick Madec, Université de Bretagne Occidentale

[Keywords]
Relation d'enquête, biographie, engagement, diffusion on-line, autocensure.

[Abstract]
Ecrire cette discussion de cas, en 2013, représente une nouvelle étape dans une recherche entamée en 1993. Les échanges avec la famille enquêtée ont commencé par une discussion autour de la quatrième de couverture de la traduction en français de l'ouvrage Les enfants de Sanchez où il était précisé qu'Oscar Lewis s'était servi d'un magnétophone dissimulé dans ses vêtements. La recherche visait à recueillir les témoignages croisés d'une famille vivant dans un quartier d'habitat social disqualifié. L'objectif commun aux enquêté·e·s et à la sociologue était de déconstruire les représentations sur les modes de vie dans ce type d'habitat. Pour parvenir à faire une biographie familiale qui intégrait vie privée et vie publique, la relation d'enquête devait nécessairement être une relation de confiance. Le contrat ne souffrait aucune dissimulation. Les enquêté·e·s étaient tous lecteurs/trices des différents témoignages, la sociologue s'était engagée à publier ses travaux après lecture des intéressé·e·s. Ce qui a été dissimulé dans les publications l'a été après une négociation entre toutes les parties.

Aller au-delà de l'alibi. Consentement à la recherche chez les personnes présentant une déficience intellectuelle

Par Geneviève Petitpierre, Université de Fribourg 
Germaine Gremaud, Haute école de travail social et de la santé EESP Lausanne 
Aline Veyre, Université de Fribourg 
Ivo Bruni, Université de Fribourg 
Cindy Diacquenod, Université de Fribourg

[Keywords]
Aptitude au consentement à la recherche, déficience intellectuelle, éthique, pédagogie spécialisée, protocole de recherche

[Abstract]
Le texte aborde le thème du recueil de consentement auprès des personnes présentant une déficience intellectuelle (DI). Les recommandations actuelles s'accordent sur le fait que le consentement à la recherche d'une personne avec une DI doit être systématiquement sollicité. Le paradigme de pleine participation implique d'adapter la procédure aux caractéristiques des personnes concernées. L'article présente une procédure en plusieurs étapes combinant le recueil de consentement écrit du représentant légal, ainsi que le recueil de l'assentiment de la personne avec une DI au moyen d'un support adapté. Il montre que les personnes avec une DI utilisent la marge de manœuvre proposée lorsque les enjeux leur sont présentés sous une forme accessible. Une procédure adaptée ne suffit cependant pas à lever tout dilemme éthique. Elle ne résout pas le paradoxe de devoir faire dépendre la participation de la personne avec une DI de l'accord préalable de son représentant légal. Si cet article répond à un certain nombre de questions, il en soulève d'autres.

Going under cover? Ethics, transparency and witnessing in researching institutions

By Anne Lavanchy, University of Edinburgh

[Keywords]
Fieldwork, Transparency, Ethics, Witnessing, Marriage, Institutions

[Abstract]
This paper discusses transparency as an ethical challenge in regard to a particular fieldwork moment, the invitation to a hearing by Swiss registrars. Such an invitation constituted a significant gesture of conducting fieldwork in registry institutions: due to their form (confidentiality), the context (controversies) and what is at stake (assessing the genuineness of affianceds’ relationships), hearings are emblematic activities of the civil registry’s new duty of tracking down “suspicious unions”. The invitation challenged my commitment to transparency as the implication for me was that I had to work under cover, attending the hearing not as an anthropologist but as a registrar-to-be.

The ethical puzzle which I faced has grown from the tension between an ethical commitment to transparency towards research partners and the fact that I was keen to gain access to a secluded space that I considered a desirable space of investigation regarding the purposes of my research. This leads me to address the following questions: What was at stake during the hearing? What were the consequences of an undercover presence at it? Why was it a desirable space of research? Reflecting upon this experience, I show how the ethical puzzle makes manifest the presence of conflicting interests: mine as researcher committed to an ethical practice of anthropology, but also those of the research participants, which were, in this case, split into two antagonistic groups: the registrars and the fiancés summoned to the hearing.

Anthropological Research – Financed by Whom? 

By Stefan Leins, University of Zürich

[Keywords]
Private Grant Giving, Politics of Grant Giving, Ethnography in Corporations, Anthropology of Finance

[Abstract]
The financing of research is an important, but little debated topic within anthropology. Since most Swiss anthropologists are funded by the public, conflicting interests resulting from divergences between a sponsor’s interests and a researcher’s results have hardly been discussed. With the emergence of a number of private sector research grants in social sciences, the questions of how research is funded and whether there might be ethical issues attached to it have now become more obvious. As an anthropologist whose fieldwork is financed by a for-profit institution, I would like to stimulate a debate on the ethical dimensions of financed anthropological research. Based on my personal experiences, I will argue that private grants are sometimes necessary for researchers to access new research arenas such as financial markets or corporations. I will, however, also show that being funded by a for-profit institution can cause moral and methodological trouble for a researcher. To cope with these issues, I will suggest that all anthropologists, including the ones that are getting money from the state, should reflect more actively on their financial resources in order help colleagues, peers and readers understand the financial embedment of their research projects.