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Précaire ? Le débat sur la situation du corps intermédiaire académique s’intensifie

Heinz Nauer, SAGW

Une pétition des organisations du corps intermédiaire doit être soumise au printemps

Début octobre 2020, un groupe d’organisations suisses du corps intermédiaire a lancé une pétition adressée à l’Assemblée fédérale demandant une diversification des parcours académiques et « la création d’un nombre conséquent de postes stables pour les chercheur·euse·s post-doctoraux·ales ».

La sélection pour une carrière académique doit avoir lieu plus tôt, après le doctorat au plus tard. Certain·e·s auraient ainsi de meilleures perspectives de trouver un emploi à durée indéterminée, tandis que d’autres seraient motivé·e·s pour entrer dans le monde du travail non universitaire en tant que spécialistes. L’objectif initial d’obtenir 5000 signatures a été atteint en quelques semaines seulement, après quoi les auteur·e·s de la pétition ont porté leur objectif à 8000 signataires. La pétition est fortement ancrée dans le corps intermédiaire, déclare un membre du comité de la pétition. L’intention serait de la présenter à l’Assemblée fédérale à la fin du semestre de printemps 2021. À ce jour (22 janvier), environ 2280 signatures sont encore nécessaires pour atteindre l’objectif. 

La politique des hautes écoles réagit avec prudence

Les principaux acteurs de la politique suisse de l’enseignement supérieur ont réagi avec prudence aux demandes des pétitionnaires. Ainsi, Denis Billotte, secrétaire général de la Conférence universitaire de Suisse occidentale, a déclaré au journal La Liberté qu’une augmentation des postes permanents de niveau intermédiaire mettrait en danger « l’agilité et la capacité d’adaptation » des hautes écoles. Et si le message FRI pour 2021-2024 prévoit une légère augmentation des contributions de base aux universités cantonales et aux hautes écoles spécialisées, une redistribution importante des moyens liés aux projets vers les contributions de base, qui permettrait de créer davantage de postes fixes, n’est en revanche pas prévue.

Améliorations ponctuelles

Les pétitionnaires saluent le fait qu’un débat public sur les conditions d’emploi du corps intermédiaire ait actuellement lieu en Suisse, déclare le membre du comité. Mais pourquoi avaient-ils besoin de recourir au moyen de pression politique qu’est la pétition ? Le magazine en ligne « Das Lamm » en attribue la raison à la position faible des organisations du corps intermédiaire dans la politique universitaire suisse. L’organisation faîtière Actionuni, par exemple, doit se débrouiller « sans financement décent ». 

En 2012 déjà, un groupe de jeunes chercheurs et chercheuses a publié une prise de position appelant la politique à agir. Deux ans plus tard, le Conseil fédéral a déclaré dans un rapport que le problème avait été reconnu, mais que les mesures concrètes relevaient de la seule compétence des hautes écoles. La situation s’est améliorée dans certains domaines depuis lors : le désir de diversifier les parcours professionnels, par exemple, se fait entendre dans de plus en plus d’universités et a récemment gagné un large soutien sous la forme de l’initiative « better science ». Et depuis août 2020, le FNS encourage également les carrières conformément à la Déclaration de Dora, qui préconise une évaluation plus globale de la recherche et vise à réduire la pression à court terme liée au facteur d’impact des publications.