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Schweizerische Akademie der Geistes- und Sozialwissenschaften

Les sciences humaines et sociales et l'innovation

Créer le changement ! Teaser du reportage vidéo. La vidéo complète (39 minutes), les déclarations des expert·e·s ainsi que de plus amples informations se trouvent ici.

À l’image du personnage de Géo Trouvetou, une personne invente dans son garage une chose, un dispositif, un appareil ou encore un mécanisme qui change le monde – cette représentation de « l’inventeur » et de l’émergence d’une innovation est très présente dans nos esprits. Toutefois, il s’agit là d’une vision souvent erronée : neuf inventions sur dix ne deviennent jamais de véritables innovations, car pour qu’une invention se transforme en innovation, elle doit être acceptée et adaptée par la société. Dans ce contexte, les connaissances des sciences humaines et sociales jouent un rôle majeur.

Les défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels la Suisse fait face au même titre que le reste du monde élargissent considérablement la fonction et la définition de l’innovation ainsi que les exigences qui lui sont posées. Mais à quoi pourrait ressembler une telle nouvelle compréhension de l'innovation ? La manifestation réunit des expert·e·s du domaine académique, des industries créatives, de l'administration et de la promotion de l'innovation.

Créer le changement

Au travers des recherches qu’elles mènent et des formations qu’elles dispensent, les SHS favorisent l’identification des possibilités d’innover et l’émergence d’innovations. En outre, elles permettent à ces dernières d’acquérir de la valeur à la fois monétaire et culturelle. En tant que sciences ancrées dans la société, les SHS créent du changement et sont pertinentes tout au long du processus d’innovation : (i) sur le plan économique et industriel, pour transformer des inventions en innovations marchandes (produits, services et expériences) ; (ii) sur le plan culturel, pour créer du sens et des valeurs partagées permettant d’imaginer et d’entreprendre des changements économiques et sociaux ; ainsi que (iii) sur le plan social, politique et institutionnel, pour orienter et diffuser de manière sensée des innovations souhaitées.

Un nouveau rapport constitue une base pour la poursuite des travaux sur l'innovation

Bien que déterminant, cet apport des SHS à l'innovation reste souvent mal identifié et peu mis en avant. Jusqu'à présent, il n'y a guère eu d'études substantielles sur le sujet. Fin février, le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI) a publié l'étude « L'apport des sciences humaines et sociales à l’innovation en Suisse ». Ce rapport crée une base systématique pour la poursuite des travaux sur les relations entre l'innovation et la recherche dans les sciences humaines et sociales. Les quatre auteurs de l'Université de Neuchâtel – Hugues Jeannerat, Olivier Crevoisier, Gaël Brulé et Christian Suter – y présentent quatre fonctions clés : entreprendre, donner du sens, encadrer et co-innover.

Table ronde : Quel rôle pour les sciences humaines et sociales dans le système suisse d’innovation?

Le contexte politique et social appelle à une implication déterminée des hautes écoles dans les « Grands défis sociétaux » d’aujourd’hui. Quel rôle jouent les sciences humaines et sociales ? Où et comment peuvent-elles être des sciences non seulement « facilitatrices » (enabling sciences), mais aussi créatrices d’innovation ? Et comment peut-on même saisir et systématiser la véritable innovation dans un modèle ?

La discussion sur le podium est basée sur deux nouvelles productions sur l'innovation en Suisse :

  • d'une part, sur l'étude « L'apport des sciences humaines et sociales à l'innovation en Suisse » élaborée par quatre auteurs de l'Université de Neuchâtel – Hugues Jeannerat, Olivier Crevoisier, Gaël Brulé et Christian Suter – et publiée fin février par le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation ;
  • d'autre part, sur un reportage vidéo réalisé ces dernières semaines par l'ASSH en coopération avec l'Université de Neuchâtel (39 minutes). Dans le reportage une bonne douzaine de chercheurs et chercheuses, d’expert·e·s des domaines de la pratique et de la promotion de l’innovation mettent en lumière les aspects institutionnels, juridiques, politiques et économiques essentiels d’une nouvelle compréhension de l’innovation provenant des sciences humaines et sociales.

Nous vous demandons de bien vouloir vous inscrire ici pour participer à la table ronde.

Sur le podium

Edouard Bugnion, Innosuisse

Edouard Bugnion est professeur à l’EPFL à la Faculté Informatique et Communications ou il dirige le Laboratoire des systèmes de centres de calcul. Il co-dirige par ailleurs le « Swiss Data Science Center », fruit d’une initiative stratégique du Conseil des EPF. Depuis janvier 2017, il est également vice-président de l’EPFL pour les systèmes d’information. Avant de revenir en Suisse et de rejoindre l’EPFL, Edouard Bugnion a passé 18 ans en Californie en tant que chercheur et entrepreneur ; il a obtenu un PhD en informatique à Stanford et a créé deux startups en tant que Chief Technology Officer : « VMware (NYSE : VMW) » et « Nuova Systems », qui ont été reprises par Cisco. Edouard Bugnion est également membre du conseil d’administration de Logitech et de Innosuisse.

Ingrid Kissling-Näf, Haute école spécialisée bernoise

Ingrid Kissling-Näf est directrice du Département d’économie de la Haute école spécialisée bernoise. De 2012 à 2017, elle a présidé la Division des sciences humaines et sociales du Fonds national suisse, et de 2007 à 2010 la Commission pour la technologie et l’innovation CTI. Auparavant, elle était secrétaire générale de l’Académie suisse des sciences naturelles. Elle a fait des études en théologie, économie et administration publique à Fribourg, Paris et Lausanne et a obtenu son doctorat en économie à Saint-Gall. En tant que professeure assistante en économie des ressources forestières à l’EPFZ et assistante au Workshop of Political theory and Policy Analysis à l’Université de l’Indiana, elle a traité de manière intensive les questions d’économie des ressources dans les domaines des forêts, de l’eau et de l’énergie. Elle a travaillé pour différents organismes tels que la Commission des parcs nationaux ou le Conseil des ressources génétiques du gouvernement fédéral allemand. Elle est conseillère municipale à Berne et déléguée de l’Unicef.

Ola Söderström, Fonds national suisse

Ola Söderström est professeur de géographie sociale et culturelle à l’Université de Neuchâtel. Ses recherches récentes portent, d’une part, sur les relations entre vie urbaine et santé mentale et, d’autre part, sur les politiques de développement urbain dans les villes du Sud. Il est depuis 2013 membre du Conseil de la recherche du Fonds national suisse (FNS) et depuis 2017 président de la Division sciences humaines et sociales du FNS. Il a pris ces dernières années, à ce titre, de nombreuses initiatives pour expliquer et promouvoir le rôle des sciences humaines et sociales (SHS) dans la société. Il est également l’initiateur, avec des collègues en sciences sociales de son université, de différentes publications, manifestations et conférences sur les rapports entre SHS et innovation.

Christina Taylor, Creaholic SA

Christina Taylor est directrice associée et copropriétaire de Creaholic SA à Bienne, une fabrique d’innovation suisse qui, depuis 1986, soutient des entreprises clientes de tous les secteurs dans le domaine de l’innovation. La compétence principale de Creaholic SA réside dans l’invention de nouveaux produits et technologies, l’établissement d’une culture d’entreprise innovante et la découverte de nouveaux domaines d’activités. Christina Taylor travaille à l’interface de la conception de l’expérience client (customer experience design), de la transformation et de l’invention de produits. Son expérience va de la branche des télécommunications (Swisscom) aux organisations à but non lucratif. Elle a travaillé pendant cinq ans dans la Silicon Valley à l’Outpost de Swisscom.

Marco Vencato, Gebert Rüf Stiftung

En tant que vice-directeur de la Fondation Gebert Rüf, Marco Vencato dirige certains programmes de soutien de la fondation et est, entre autres, responsable du domaine d’activités « First Ventures », le programme successeur de « BREF – Innovation sociale », dont il a accompagné l’outphasing. Auparavant, il a travaillé pour le Conseil suisse de la science et de l’innovation, où il a mené à bien de nombreux projets d’envergure et des évaluations d’organes nationaux de recherche. Après des études d’histoire et de philologie italienne, il a été, entre autres, coordinateur du département d’histoire de l’Université de Bâle pour le projet de recherche européen Cliohres.net dans le cadre du programme « Network of Excellence ». Après des séjours de recherche à Naples et à l’Institut suisse de Rome, il a obtenu son doctorat à l’Université de Bâle auprès du professeur Achatz von Müller en histoire médiévale générale.

Nora Wilhelm, Collaboratio Helvetica

Nora Wilhelm est une « faiseuse de changement » engagée depuis l’âge de 15 ans. Pendant sa jeunesse à Genève, en plus de son travail de militante, de volontaire et de stagiaire pour des ONG de développement, elle a participé à de nombreuses conférences de la jeunesse des Nations unies et s’est impliquée dans le Parlement européen des jeunes (PEJ). Elle a dirigé le PJE Suisse de 2014 à 2016. Elle est titulaire d’un bachelor en relations internationales et a suivi de nombreuses formations complémentaires. Elle est la co-fondatrice et animatrice de Collaboratio Helvetica, une initiative dédiée à un nouveau mode de pensée holistique et contribuant à la mise en œuvre de l’Agenda 2030 en Suisse en rassemblant des personnes et des organisations de tous les secteurs. Pour son engagement à libérer le potentiel le plus élevé des personnes et des organisations, Nora Wilhelm a été reconnue par l’Unesco et par l’initiative Cohort 2030 en tant que jeune leader, ainsi que comme « faiseuse de Suisse » par le magazine Annabelle.

Marie Rumignani, Académie du journalisme et des médias Neuchâtel (modération)

Double diplômée d’HEC Lausanne (management) et de l’Académie du journalisme et des médias de Neuchâtel (AJM), Marie Rumignani est actuellement assistante-doctorante à l’AJM. Ses recherches portent essentiellement sur l’émergence de l’innovation dans les rédactions et la modernisation des pratiques journalistiques, notamment dans les médias du service public. Elle est également engagée comme collaboratrice scientifique à la Radio Télévision Suisse (RTS) sur des projets stratégiques liés entre autres aux jeunes publics et aux nouveaux formats. Auparavant, elle a travaillé pour plusieurs rédactions en Suisse ainsi qu’au Vietnam dans le cadre d’un volontariat international de la Francophonie. 

Kilian Stoffel, Recteur de l'Université de Neuchâtel (mot de bienvenue)

Kilian Stoffel est professeur ordinaire depuis 1997 à la Faculté des sciences économiques de l’Université de Neuchâtel ; il a été élu recteur de l’université en 2016. Il a obtenu une licence en mathématique et physique, puis un diplôme et un doctorat en informatique à l’Université de Fribourg. Il a ensuite travaillé en qualité de chercheur aux États-Unis durant plusieurs années. Ses domaines de compétences sont l’exploration des données (data mining), les représentations des connaissances (knowledge representations), les ontologies et les systèmes d’informations.

Markus Zürcher, Secrétaire général de l'ASSH (conclusion)

Markus Zürcher a étudié l’histoire, l’économie et la sociologie à l’Université de Berne et à l’Université de Lancaster en tant qu’étudiant invité. Il a obtenu son doctorat en 1994 à Berne et un master en administration publique (MPA) de l’IDHEAP à Lausanne en 1999. Il travaille pour l’Académie suisse des sciences humaines et sociales depuis 1995 et en est le secrétaire général depuis 2002. Depuis leur fondation en 2006 et jusqu’en 2016, il a assumé la direction des Académies suisses des sciences. De 2000 à 2010, il a été chargé de cours en sociologie et en histoire des sciences sociales aux Universités de Fribourg et de Berne. Depuis 2007, il enseigne la méthodologie de la recherche à la Haute école privée d’économie de Berne (Private Hochschule Wirtschaft PHW).

Réseau

La manifestation « Les sciences humaines et sociales et l'innovation » réunit des chercheurs et chercheuses, des expert·e·s et des spécialistes d’une vingtaine d’institutions pour un échange d’idées et marque ainsi une étape vers la constitution d’un réseau consacré à l’innovation dans les sciences humaines et sociales en Suisse.

Contact

Dr Marlene Iseli

Collaboratrice scientifique

+41 (0)31 306 92 56

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Support

Gilles Nikles

Administration / IT

+41 (0)31 306 92 61

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